Une personnalité connue semble vanter, vidéo à l'appui, une « méthode » pour gagner de l'argent. La séquence paraît authentique : c'est un deepfake. Associées à des publicités très ciblées, ces mises en scène générées par l'IA donnent à de faux placements une crédibilité qu'ils n'ont pas.
Le visage d'une personnalité, une promesse truquée
Le procédé consiste à emprunter l'image et la voix d'une figure médiatique — dirigeant, présentateur, personnalité publique — pour lui faire « recommander » un investissement. La vidéo circule comme une interview ou un extrait d'émission. En réalité, la personne n'a jamais tenu ces propos : son apparence a été recréée pour endosser l'arnaque.
La mécanique de la publicité frauduleuse
Le deepfake n'est qu'une porte d'entrée. Il s'insère dans un tunnel bien organisé : une publicité « sponsorisée », un faux article de presse, un formulaire pour « en savoir plus », puis l'appel d'un « conseiller » qui prend le relais. À partir de là, on retrouve le schéma classique du faux placement : premier dépôt, gains affichés, incitation à verser davantage.
Ce que l'IA a changé
Les outils d'aujourd'hui rendent ces contenus plus rapides, moins chers et plus convaincants : visages générés, voix clonées, sous-titres crédibles. Le niveau de détail qui trahissait autrefois les montages s'efface. C'est pourquoi le réflexe ne peut plus être « ça a l'air vrai, donc c'est vrai », mais « d'où vient réellement ce contenu ? ».
Les réflexes qui protègent
- Une personnalité ne donne pas de « conseils d'investissement » par vidéo virale ou message privé : traitez toute promesse de ce type comme suspecte.
- Remontez à la source : l'information existe-t-elle sur les canaux officiels de la personne ou du média cités ?
- Méfiez-vous des urgences et exclusivités (« places limitées », « offre du jour »).
- Vérifiez l'entité qui se cache derrière l'offre auprès des registres officiels, et par leurs coordonnées, pas celles fournies.
- Prenez le temps : la précipitation est le principal allié de ces montages.
Déjà engagé de l'argent ? Agir méthodiquement
- Arrêtez les versements, y compris les « frais » réclamés ensuite.
- Sauvegardez la publicité, la vidéo, les liens, les échanges et les preuves de paiement.
- Signalez le contenu à la plateforme qui l'héberge et prévenez votre banque.
- Rompez le contact avec le « conseiller ».
- Faites examiner votre dossier pour connaître les démarches réellement possibles.
Le vrai sujet n'est pas « est-ce que la vidéo est convaincante ? », mais « d'où vient-elle vraiment ? ».
Face à des contenus de plus en plus réalistes, la meilleure protection reste la vérification des sources et la lenteur. Et si des fonds sont déjà partis, conserver l'ensemble des éléments — publicité, deepfake, échanges — aide à constituer un dossier solide. Nous vous accompagnons dans ces démarches, sans garantir de résultat, qui dépend toujours de tiers.
Piégé par une publicité ou une vidéo ?
Un premier examen de votre situation est gratuit et sans engagement. Nous vous aidons à réunir les preuves et à identifier les recours possibles.
Examen gratuit du dossier